Le compromis avec arrhes est le document privé par lequel l'acheteur et le vendeur formalisent l'engagement d'achat-vente d'un bien immobilier et versent un acompte, généralement équivalent à 10% du prix convenu. Bien qu'il ne soit pas obligatoire de le signer devant notaire, ses effets juridiques sont contraignants : commettre une erreur de rédaction ou ignorer la situation cadastrale du bien immobilier peut entraîner la perte intégrale des économies versées ou des litiges prolongés.
Pour que cette étape préalable à l'acte authentique ne devienne pas une source de problèmes, il est conseillé de connaître les types d'arrhes existants, les vérifications documentaires préalables et les clauses protectrices indispensables pour les deux parties.
Arrhes pénitentielles, confirmatives ou pénales : quel type êtes-vous en train de signer
Dans l'ordre juridique espagnol, il existe trois modalités d'arrhes avec des implications radicalement différentes. Si le document ne spécifie pas clairement le type ou s'il est rédigé de manière ambiguë, la jurisprudence a tendance à les interpréter comme des arrhes confirmatives :
- Arrhes confirmatives : elles constituent un acompte sur le prix total et ratifient l'existence du contrat. Si l'une des parties se rétracte, l'autre peut exiger en justice l'exécution forcée de la vente ou la résolution avec indemnisation pour dommages et intérêts prouvables.
- Arrhes pénitentielles (ou de désistement) : régies par l'article 1454 du Code Civil, elles permettent à l'une ou l'autre des parties de résilier le contrat unilatéralement sans alléguer de motif. Si l'acheteur se désiste, il perd la somme versée ; si le vendeur se désiste, il doit la restituer en double. Elles représentent la modalité la plus courante dans les transactions résidentielles.
- Arrhes pénales : elles fonctionnent comme une clause punitive en cas de manquement. Celui qui ne respecte pas perd l'acompte ou le restitue en double, mais la partie respectueuse peut en outre exiger la réalisation de la vente si elle le décide.
La clause hypothécaire : comment protéger l'acompte si la banque refuse le prêt
L'une des erreurs les plus fréquentes chez les acheteurs consiste à signer le compromis avec arrhes avant d'avoir l'octroi définitif du prêt immobilier. Les institutions financières émettent des pré-approbations basées sur le profil de crédit, mais l'approbation formelle requiert l'estimation du bien immobilier et l'approbation du département des risques.
Dans le contexte actuel, l'accès au crédit immobilier exige de la précision dans les délais. Selon les Statistiques hypothécaires de l'INE, le taux d'intérêt moyen sur les logements s'est établi à 2,96% en juin 2026, après s'être maintenu autour de 2,84% en mars 2026 et 2,88% en février 2026. Les taux actuels imposent des filtres de solvabilité stricts concernant la capacité d'endettement des ménages :
Pour éviter de perdre l'acompte si le prêt est refusé, il est indispensable d'introduire une condition résolutoire ou suspensive pour refus de financement. Cette clause doit stipuler que, si au moins deux ou trois établissements de crédit rejettent la demande formelle en fournissant le justificatif de refus correspondant, l'acheteur a le droit de récupérer intégralement le montant déposé, sans pénalités.
Le risque de l'écart d'estimation : exemple numérique réel
La banque calcule le pourcentage maximum à financer (généralement 80%) sur le plus bas des deux valeurs : le prix convenu lors de la vente ou la valeur d'estimation officielle. Selon le Conseil Général du Notariat, le prix moyen enregistré sur l'ensemble de 2024 a atteint 1.753 €/m² après l'achèvement de 716.183 transactions annuelles. Si vous achetez un bien immobilier dont la valeur d'estimation est inférieure au prix convenu, un découvert de fonds apparaîtra que vous devrez couvrir avec des capitaux propres.

Documents indispensables avant de transférer l'acompte
Ne versez jamais de somme d'argent sans vérifier au préalable l'état technique et juridique du bien immobilier. Le vendeur ou l'agence intermédiaire doivent fournir :
- Extrait du registre foncier (nota simple) actualisé : délivré il y a moins de 10 jours. Il confirme qui détient la titularité réelle et révèle des charges telles que des hypothèques antérieures non annulées au registre, des affections fiscales, des servitudes ou des saisies.
- Certificat de la copropriété : signé par le syndic et avec l'approbation du président, qui atteste que le logement est à jour de ses charges ordinaires et extraordinaires, indiquant également s'il y a des appels de fonds approuvés en attente de recouvrement.
- Dernier reçu de l'IBI : pour corroborer que l'impôt foncier (IBI) est liquidé et vérifier la référence cadastrale exacte.
- Certificat d'habitabilité et diagnostic de performance énergétique (DPE) : obligatoires pour l'acte authentique dans la grande majorité des communautés autonomes.
- Contrôle Technique du Bâtiment (ITE / IEE) : indispensable pour les immeubles de plus de 45 ou 50 ans afin de savoir si le bâtiment présente des déficiences structurelles graves en attente de correction.
Délais de signature de l'acte authentique et répartition des frais dans le contrat
Le document doit établir une date limite impérative pour signer l'acte authentique de vente devant notaire. Il est prudent, pour les opérations avec financement bancaire, de fixer entre 60 et 90 jours calendaires, permettant de traiter l'estimation, l'offre de prêt (FEIN) et le délai légal obligatoire de 10 jours calendaires de réflexion avant la signature.
Concernant les frais, si rien n'est convenu, la loi s'applique : le vendeur assume la plus-value municipale (IIVTNU) et les coûts de la minute notariale de l'acte, tandis que l'acheteur prend en charge les copies notariales, l'inscription au Registre de la Propriété et l'Impôt sur les Transmissions Patrimoniales (ITP) ou la TVA. Il est conseillé de faire apparaître dans le texte si le critère légal est suivi ou si une autre distribution expresse est convenue.
Questions fréquentes
La pratique du marché fixe habituellement entre 5% et 10% du prix total convenu du logement, 10% étant le chiffre le plus répandu. Ce montant est intégralement déduit du prix final lors de la signature de l'acte notarié.
